Méthode de calcul
D'où viennent les chiffres
Directement de l'open data de l'Assemblée Nationale, sans intermédiaire : le pointage nominatif des réunions, le vote nominatif de 8 434 scrutins, chaque amendement avec son auteur et son sort, chaque question avec son auteur, chaque rapport avec son rapporteur.
Ces jeux de données pèsent 380 Mo et comptent 160 000 fichiers : ils sont agrégés hors ligne en un fichier de 280 Ko, embarqué avec l'application. Dernière agrégation : 3 septembre 2026, pour la 17e législature ouverte en juin 2024.
Les trois piliers
- Présence à l'Assemblée — réunions de commission où le pointage le donne présent, et votes qu'il a exprimés lui-même. Un vote par procuration atteste l'absence : il ne compte pas.
- Écriture de la loi — amendements dont il est l'auteur et qui ont été adoptés, plus ses rapports.
- Contrôle du gouvernement — questions écrites et questions orales qu'il a posées.
3 249 réunions comportent un pointage nominatif : c'est le même dénominateur pour tous.
Pourquoi des indices
Un député exprime environ deux mille votes, siège à une centaine de réunions et fait adopter une dizaine d'amendements de sa main. Additionner ces nombres laisserait les votes écraser tout le reste. Chaque compteur est donc d'abord ramené au mois, puis divisé par la médiane de l'Assemblée : un député médian vaut 1 sur chaque composante, 2 par pilier, 6 au total. La pondération devient explicite et égale, au lieu de dépendre des ordres de grandeur.
De la note au classement
La note n'est pas un seuil absolu mais un classement relatif : les 554 députés classés sont ordonnés par score, puis répartis par percentiles.
- ALa Locomotive — Parmi les 10 % les plus actifs
- BTrès Actif — Dans le quart le plus actif
- CBon Soldat — Dans la moitié la plus active
- DMédian — Le ventre mou de l'Assemblée
- EPassable — Dans la moitié la moins active
- FLe Touriste — Dans le quart le moins actif
- GLa Passoire — Parmi les 10 % les moins actifs
Les fiches n'affichent pas le score composite : il additionne des réunions, des amendements et des questions, et n'a donc pas d'unité qu'un lecteur puisse interpréter. Elles montrent à sa place les compteurs bruts et le rang obtenu sur chaque pilier.
23 députés ne sont pas classés
Un suppléant entré en fonction il y a six semaines verrait chacun de ses actes divisé par une période minuscule, et se retrouverait premier ou dernier au hasard d'une seule séance. En dessous de six mois de fonction, aucune note n'est attribuée : la fiche affiche les compteurs, sans classement.
La durée est mesurée depuis la prise de fonction réelle, et non depuis l'ouverture de la législature — l'Assemblée date tous les mandats du jour de l'élection générale, y compris ceux des remplaçants arrivés deux ans plus tard.
Amendements : ce qui compte
Seuls les amendements adoptés comptent, et seulement ceux dont le député est l'auteur. Deux biais tombent d'un coup.
L'obstruction d'abord : déposer mille amendements sans en faire passer un ne rapporte rien. Elle n'est pas pénalisée pour autant — c'est un outil reconnu des minorités parlementaires, que tous les bords emploient à tour de rôle. Les fiches affichent le nombre déposé à côté du nombre adopté, et laissent juger.
La cosignature ensuite : un député a couramment son nom sur plusieurs milliers d'amendements déposés par son groupe. Compter ces adoptions mesurerait le groupe et non la personne. Le nombre de cosignatures est affiché, mais il n'entre pas dans la note.
« Vote avec son groupe » — hors note
Sur chaque scrutin où un député a voté, on regarde si son choix va dans le sens de la majorité de son groupe sur ce vote précis — le groupe auquel il appartenait à ce moment-là, pas nécessairement son groupe actuel. En dessous de trois votants côté groupe, ou en cas d'égalité, le scrutin ne compte pour personne : la majorité ne serait pas fiable.
Ce taux n'entre pas dans la note. Les trois piliers mesurent une activité, où plus veut dire mieux ; suivre son groupe n'est ni bon ni mauvais en soi, ça dépend du regard du lecteur — même principe que pour les amendements cosignés. C'est pourquoi il s'affiche comme un curseur entre deux pôles (Franc-tireur, Mouton) plutôt que comme un score orienté dans un seul sens, et pourquoi la barre est ancrée à 50 % plutôt qu'à 0 % : en dessous de 50 %, un député voterait plus souvent contre son groupe que dans son sens, un cas quasi inexistant en pratique.
Les non-inscrits n'ont pas de score : sans groupe, il n'y a pas de ligne majoritaire à laquelle comparer leurs votes. Un vote par procuration compte comme un choix politique au même titre qu'un vote en personne — contrairement au pilier Présence, qui l'exclut.
La fiche de groupe
Chaque groupe politique est traité comme un député synthétique : la médiane de ses membres classés, sur chacun des trois piliers, replacée sur la même échelle A→G qu'un individu. La note d'un groupe répond à une question précise : « où se situerait un député qui aurait l'activité médiane de ce groupe ? »
Les rangs de la fiche de groupe (« 2e groupe sur 11 ») comparent des groupes entre eux, pas des groupes à des députés — un classement à part, cohérent avec le premier mais distinct de lui. Les non-inscrits n'ont pas de fiche : « NI » est un regroupement administratif, pas un groupe avec une ligne commune, même raisonnement que pour l'indice mouton.
Limites à garder en tête
- L'activité mesurée est quantitative. Elle ne dit rien de la qualité ni du contenu politique du travail accompli.
- Présider l'Assemblée, un groupe ou une commission ne produit ni amendement ni question. Ces fonctions sont signalées sur les fiches concernées, mais elles font mécaniquement baisser la note.
- Un ministre reste député alors que son mandat est suspendu : ses compteurs sont nuls par construction.
- Le travail en circonscription — permanences, dossiers d'administrés, déplacements — n'est consigné nulle part et n'apparaît donc pas.
- Un député peut faire monter son score en multipliant les questions écrites : le volume n'est pas l'influence.
Source : open data de l'Assemblée Nationale, sous Licence Ouverte.